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Orientation |
Description :
C’est une magnifique croix du XVe
siècle, peut-être la plus belle croix ancienne de la paroisse.
Elle repose sur un emmarchement circulaire de quatre marches, qui confère à la croix une stature monumentale. Tous les blocs sont liés les uns aux autres par des agrafes de fer scellées au plomb. A-t-on voulu assurer une bonne stabilité à la croix dès l’origine, ou bien a-t-on ajouté les agrafes pour corriger des désordres apparus par la suite ?
Tout autour, quatre petites bornes de protection
se voient sur les cartes postales anciennes, mais elles ont disparu
aujourd’hui.
Sur ces marches circulaires s’élève le piédestal, de section octogonale sur une base carrée. Il présente huit faces concaves. Son couronnement est cantonné de quatre écus lisses, qui rappellent ceux que l’on voit sur d’autres croix à Santenay et à Nantoux, qui datent du même siècle.
Le fût octogonal de haute taille et son
chapiteau sont beaucoup moins érodés que le reste du monument. Il en est de
même du dé qui supporte le fût. Ces éléments ont certainement été refaits assez
récemment.
En revanche, sculpté dans un seul bloc, le
croisillon est d’origine. Le fait est suffisamment rare dans la paroisse pour
être signalé. Ses branches cylindriques sont terminées par des fleurons
typiques de l’époque du gothique flamboyant, délicatement ornés de motifs
végétaux, qui se subdivisent en quatre crochets latéraux et un crochet axial.
Le Christ qui est sculpté sur ce croisillon est
de toute beauté. Son corps tendu et son visage expressif montrent bien sa
souffrance.
Il est magnifié par un motif circulaire établi
derrière lui, fait de pointes rayonnantes et de volutes opposées qui joignent
les branches de la croix. L’ensemble forme une sorte de grande couronne qui
rappelle en plus grand la couronne d’épines. Les vides établis dans cette
couronne apportent au croisillon une belle apparence de légèreté.
Historique
Cette croix a probablement toujours occupé le
même emplacement. Elle est représentée au même endroit sur un plan de
Mavilly-Mandelot de 1767 consultable aux Archives départementales.
Des cartes postales anciennes montrent que la
branche supérieure du croisillon a déjà été brisée il y a plus de cent ans, et
a fait l’objet d’une réparation. Cette croix a été classée monument historique
par le décret du 28 octobre 1941. C’est l’une des trois croix de la paroisse à
être classée.
Victime d’un accident il y a quelques années, elle a dû être entièrement restaurée en 2013.
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Détail d'une carte postale ancienne |
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La croix en réparation |
2 - La croix du cimetière
Situation :
Description
Il n’y a pas d’emmarchement. Le piédestal, directement
posé sur le sol, est un gros cylindre de pierre monolithique surmonté d’une
corniche circulaire sans décor.
Le fût, dont la base est un dé, est lui aussi
cylindrique. Sa facture est différente : ses surfaces régulières,
entièrement bouchardées, ses arêtes vives, ses moulures, le font paraître plus
récent.
Le croisillon a disparu.
Historique
Plusieurs plans anciens (le plan de 1767 et le
plan d’alignement de 1843) montrent bien une croix à l’intérieur du cimetière
de Mavilly, mais à un emplacement différent. Selon ces plans, elle se trouvait devant
le portail principal de l’église, dans l'axe de la nef, comme dans beaucoup de villages. En revanche,
sa situation actuelle contre le mur nord de l’église n’est pas habituelle. Elle
est beaucoup moins visible, et donne l’impression d’avoir été reléguée.
Une carte postale ancienne montre clairement
que le piédestal de cette croix a été à une certaine époque celui du calvaire
de la place de l’église. Le fût semble également correspondre. Le tout était
installé sur les quatre marches encore en place, et supportait le magnifique
croisillon sculpté.
On peut alors se demander de quelle croix provient le piédestal actuel du calvaire.
3 - Croix à l’entrée de Mavilly
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Orientation |
Situation :
Description :
C’est une croix dont les éléments actuels
datent du XIXe siècle. La pente du talus rend son approche
difficile. Les broussailles qui se trouvent là masquent une partie du
piédestal. Ce dernier, de plan carré, ne semble pas reposer sur une marche. Il
comporte une corniche débordante.
L’intérêt du piédestal réside dans l’inscription qu’il présente sur sa face avant :
EMILAND
POTHIER
1849
Nous voilà renseignés sur la date du
rétablissement de cette croix. En revanche, comme la famille Pothier est bien
représentée dans le registre d’état-civil du village, et que l’on constate
qu’il y eut à cette époque plusieurs Émiland Pothier, on ne peut déterminer
lequel d’entre eux eut cette initiative.
Le dé qui repose sur le piédestal montre lui aussi une inscription, le classique extrait de l’hymne Vexilla Regis :
Le fût octogonal supporte un croisillon démuni
d’inscription.
Historique :
Une croix se trouvait déjà à cet emplacement
selon le plan de 1767. Certainement, la croix présente a été mise en place pour
rétablir cette croix plus ancienne, ruinée ou détruite.
Son histoire récente a été mouvementée. Il y a
quelques années, un nettoyage effectué avec une épareuse l’a malencontreusement
bousculée. C’est pourquoi plusieurs de ses éléments constitutifs sont décalés
ou désaxés : les divers blocs du piédestal ont subi une rotation latérale,
et il en est de même du croisillon qui est désaxé par rapport au fût.
Elle est prise en charge par l’association
« des Feuilles et des Pierres » qui l’a nettoyée et va la restaurer.
Cette association a pour but de faire connaître, de protéger et de restaurer le
patrimoine de la commune.
4 - Croix au milieu du village de Mavilly, sur la Grande Rue
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Orientation |
Elle est implantée dans un pré qui borde la Grande Rue, derrière le muret de clôture, qui s’interrompt à son niveau.
Description :
Le piédestal repose sur une marche à peine visible, en grande partie enterrée. Une large dalle transversale est posée devant la croix, ce qui est courant, mais la particularité est que cette dalle a été intégrée au muret de clôture, et comme le pré est surélevé par rapport à la rue, elle constitue une sorte de marchepied sur lequel, peut-on supposer, l’officiant se tenait pour être bien vu des fidèles. Ce marchepied est à 0,65 m au-dessus du niveau actuel de la chaussée.
Le piédestal de plan carré, surmonté d’une corniche, comporte une console semi-circulaire. Il est porteur sur sa face avant d’une inscription qui, fait unique dans la paroisse, est bilingue : nous lisons le texte latin, puis sa traduction en français :
CHRISTUS VINCIT
Ces mots sont le début d’un hymne connu sous le
nom d’« Acclamations carolingiennes », car il était semble-t-il déjà
chanté au temps des Francs. Une autre version de l’hymne se nomme « Laudes
regiae », louanges royales.
La croix présente un fût cylindrique. Sa base
forme un dé. Sur le chapiteau qui couronne le fût, un autre dé plus petit soutient
le croisillon aux branches cylindriques simples.
Au centre du croisillon a été sculpté un cœur enflammé. Plus haut, on remarque l’inscription INRI.
Historique :
Le
plan de 1767 montre déjà une croix de ce côté de la rue, mais à un endroit
différent : elle est implantée presque 40 m en amont de l’emplacement
actuel. Elle figure encore à cet endroit sur le plan d’alignement de 1843,
située sur un morceau de terrain frappé d’alignement. Dès lors, on peut se
demander si elle n’a pas été démontée quand on a élargi la rue, pour la remonter
à un autre endroit, si c’est bien la même croix.
Sans doute a-t-elle eu une histoire complexe,
car ses éléments constitutifs paraissent hétérogènes. Le fût cylindrique est constitué
de trois tronçons assemblés. Le tronçon supérieur est plus étroit que celui du
milieu : on a sans doute utilisé, lors de réparations, des éléments
provenant de croix diverses.
Cette croix a été récemment nettoyée.
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Orientation |
C’est une croix isolée dans la campagne, au bout du chemin des Brois. Discrète, à l’ombre des ramures, elle présente pourtant une particularité : de toutes les croix de la paroisse de Meursault, c’est celle qui atteint l’altitude la plus élevée.
Description :
Le piédestal, rustique, est un cube de pierre grossièrement équarri. Son soubassement est probablement constitué de dalles de pierre, qu’on ne voit pas sauf sur le devant où elles sont disposées pour former deux marches. D’autres pierres sont empilées de part et d’autre du piédestal pour former deux petits massifs de pierres sèches qui encadrent ces marches.
Plus intéressant est le fût, avec ses
inscriptions et son décor sculpté.
On voit à mi-hauteur de ce fût cylindrique une inscription gravée sur une sorte d’écu ou de cartouche en relief :
Pour gagner un peu de place, le graveur a mêlé
les lettres A et V du nom. Mais cela n’a pas suffi, et le dernier mot, faute de
place, n’a pas été gravé sur le cartouche, mais au-dessous.
Cet écriteau présente à son sommet une sorte de
fronton arrondi où est implantée une croix, elle-même surmontée d’un cœur, le
tout en fort relief.
Le cœur touche directement la tablette qui
forme le sommet du fût, et qui était peut-être la base d’un chapiteau. Une date
s’y trouve gravée : 1761.
La partie ancienne de cette croix s’arrête là. Le croisillon qui la couronne a été réalisé en ciment, sans aucun décor.
Il faut signaler une autre inscription, qui se
lit sur le dé situé à la base du fût :
Qui est ce Porcheret ? A-t-il un lien avec Gaspard Sauvageot ? A-t-il apposé son nom parce qu’il a restauré la croix ?
Historique :
Cette croix figure sur le plan de 1767. À ce
moment, elle venait d’être construite ou reconstruite assez récemment. Le
lieu-dit où elle se dresse s’appelle alors « en Monsabot ».
On trouve dans les registres la trace de trois
Gaspard Sauvageot qui vivaient à Mavilly en 1761. Ils appartenaient tous trois à
la même famille. Ce sont le père, le fils et le petit-fils.
Le père, né vers 1685, est mort le 5 décembre
1771.
Le fils, appelé « Gaspard Sauvageot le
jeune », est tantôt cité comme laboureur, tantôt comme vigneron dans les
registres, de même que son frère Louis.
Le petit-fils est né le 23 avril 1754. Il était également prénommé Gaspard, et son parrain n’était autre que son grand-père.
Le grand-père était âgé de 76 ans quand la
croix a été construite en 1661 : comme il était le patriarche de la
famille, c’est probablement sous son autorité qu’elle a été installée. Dans ce
cas, les fils mentionnés sur l’inscription sont Louis et Gaspard, qui étaient
effectivement en âge de participer, contrairement au petit-fils qui n’était âgé
que de sept ans. D’ailleurs, selon le plan de 1767, le terrain où se dresse la
croix appartient à Gaspard et Louis Sauvageot.
Cette famille avait une certaine assise
sociale. La condition de laboureur implique la possession de terres cultivables
et d’au moins une charrue. Leurs signatures apposées sur le registre paroissial,
lisibles et bien formées, montrent qu’ils maîtrisaient l’écriture, ce qui est
loin d’être le cas de tous à cette époque.
Dans les années 1930, des maçons de Montceau venaient construire un mur à Mavilly, et comme ils se déplaçaient à pied ils passaient tous les jours devant cette croix qui était alors privée de son croisillon. Dès que leur travail à Mavilly a été fini, à la demande du propriétaire de la croix, ils ont rétabli un croisillon fait d’un matériau qu’ils connaissaient bien, le ciment.
6 - Calvaire près de l’ancienne gare de Mavilly
Situation :
Cette croix est difficile à trouver et est en mauvais état.
Description
Cette croix de pierre possède un fût
cylindrique, fixé sur un dé et surmonté par un chapiteau.
Le piédestal, muni d’une console, paraît
presque entièrement enterré. Il est difficile dans ces conditions de savoir
s’il est posé sur des marches.
Le croisillon, encore présent en partie sur la photographie, est maintenant tombé.
Elle porte une date : 1897
Et une inscription : ÉTIENNE FROMAGEOT
Historique
Un projet existe, porté par l’association « des Feuilles et des Pierres » pour la restaurer et la changer de place afin de la rendre plus visible, avec l’accord des propriétaires.
Orientation
Situation :
Cette croix se trouve sur une roche escarpée
dominant le village de Mandelot, en un lieu peu accessible. On ne peut s’y
rendre en voiture, seule la marche à pied permet de s’en approcher.
Elle domine d’environ 90 m la route qui conduit de Mandelot à Bouze, et d’environ 120 m le fond de la vallée où coule le ruisseau de la Combe.
Description :
Le monument est ancré sur une marche de béton
solidement fixée à la roche.
Le piédestal est composé de trois blocs carrés
superposés, surmontés d’une corniche moulurée.
Une plaque est fixée sur la face nord du
piédestal, celle que l’on voit quand on arrive par le sentier.
On lit l’inscription :
La date 1988 a été également tracée dans le
béton du soubassement quand il était frais.
Le fût, de section carrée au départ, devient
cylindrique en s’élevant.
Le croisillon, dont les branches se terminent
par des pointes, possède un renfort central qui forme un carré.
L’ensemble du monument présente un aspect très élancé, et cela renforce l’impression vertigineuse qu’il donne quand on le découvre dans son site. C’est en l’observant de près qu’on voit qu’il est fait d’éléments disparates. Par exemple le bloc inférieur du piédestal n’est pas tout à fait assez large. Quant au fût, il présente une surface granuleuse, beaucoup moins lisse que celle du croisillon. Peut-être provient-il lui-même d’une ancienne croix ?
Historique :
(D’après des articles du Bien Public)
De longue date, une habitante de Mandelot,
Simone Moingeon, avait fait un vœu. Elle souhaitait qu’un calvaire soit
construit sur les roches. Il protégerait le village.
En 1988, ses enfants, un ami et un entrepreneur
décident de lui faire ce cadeau. Ils recherchent et trouvent les matériaux
nécessaires. L’un offre le croisillon, un autre des pierres. Une colonne est
trouvée dans leur maison.
Quatre jours ont été nécessaires pour monter
les éléments du calvaire en brouette et pour le construire. On ne peut que
saluer cette performance : implanter une croix verticale et solide sur un
rocher escarpé et éloigné de tout a certainement demandé des compétences, de
l’organisation et beaucoup d’efforts.
Le calvaire fut béni et inauguré le 23 avril 1988. Parmi les trois hommes d’église qui participèrent à la cérémonie, il faut citer le père Brelot, curé d’Auxey, de Mavilly-Mandelot et de plusieurs autres villages.
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Photo Le Bien Public |
Cette croix était appelée « calvaire de la croix des roches » sur l’article paru dans le « Bien Public » pour le vingtième anniversaire. Dix ans plus tard, dans un autre article du même journal, elle est devenue le « calvaire de la croix Simone ». Cette dénomination plus familière se plie à l’usage qui s’est imposé. Voilà qui renforce et pérennise le lien qui unit la croix à la personne qui l’a appelée de ses vœux.
Elle est devenue un but de promenade. On la fleurit, on dépose des petits cailloux sur sa plateforme. Ces cailloux symbolisent-ils une prière ?
À l’enterrement de Simone, on a chanté le cantique : « O Croix dressée sur le monde … »
Plusieurs croix disparues
Parmi les croix qui figurent sur le plan de 1767, plusieurs n’existent plus. Ce document ne fait qu’indiquer leur emplacement,
sans livrer leur nom, et sans préciser si elles étaient faites de pierre ou de
bois.
- L’une d’entre
elles s’élevait au centre de Mandelot, à l’intersection de la rue Molle
Pierre et de la cour Potans.
- Une autre se tenait à la limite du territoire de Bessey-en-Chaume, au bord de ce qui est maintenant la D 970, près de la forêt de Mavilly-Mandelot.
- Une autre, un peu plus proche du village, était au bord de l’actuelle D 23, auprès d’une mare qui servait alors d’abreuvoir, et qui a fait place à une station de pompage. Le plan de 1767 donne à la mare un diamètre d’environ 7 perches, ce qui correspond à une vingtaine de mètres s'il s'agit de la perche de Bourgogne. Le curé de Mavilly parle de cette mare et de cette croix quand il fournit les informations nécessaires à l’établissement de la carte de Cassini de 1769. Il évoque alors « une croix de pierre et une mare d’eau qui sert d’abreuvoir pour le bétail ». La présence d’une croix près d’un point d’eau signale peut-être la christianisation d’un lieu de culte ancien, datant de l’époque où l’on vénérait les divinités des sources.
- Une autre croix se
dressait sur la montagne du Single, accessible par le chemin du Single.
- Une dernière encore était située sur un carrefour proche de Mavilly, celui que forme la grande rue quand elle rencontre l’actuelle D 23 et la rue du Breuil.
Toutes ces croix n’existent plus sur le plan du
cadastre de 1825. On peut supposer que la Révolution n’est pas étrangère à leur
disparition.
Le plan du cadastre montre une autre croix, également disparue, au bord de la route qui va de Mandelot à Bouze, sur la droite, à la limite des lieux-dits les Charbonniers et les Bottières, à environ 400 m de Mandelot. Cette croix a vraisemblablement été construite entre la confection du plan de 1767 et l’établissement du cadastre en 1825. Comme le tracé de la route semble avoir été un peu modifié, il est possible qu’elle ait disparu à l’occasion de travaux.
Une autre croix de Mavilly, disparue elle
aussi, figure sur un autre plan, le plan d’alignement de 1843, au bord de la
Grande Rue. On a vu qu’il existe déjà une croix dans cette rue, mais celle-ci était
de l’autre côté de la chaussée, plus éloignée du centre, située à environ 130 m
après l’intersection que forme cette rue avec la rue du Clou.
Mavilly-Mandelot, plan des croix :
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