NANTOUX


Orientation
1 – Croix du Pré Jobard

Latitude :  47° 01' 52,99" N
Longitude : 4° 45' 38,74" E

Altitude : 293,60 m
Taille : 3,60 m

Cette croix se dresse actuellement au bord de la route, à l’entrée du village, dans une alcôve maçonnée semi-circulaire établie pour la recevoir.

On remarque la marche circulaire monolithique qui soutient le piédestal ancien. Ce dernier est formé de trois blocs superposés. Il est cantonné de quatre consoles porteuses d’écus, qui le font ressembler au piédestal du calvaire de Mavilly. Le reste de la croix, moins altéré que le piédestal, semble plus récent, surtout le croisillon.
Une console supplémentaire existe sur le devant du piédestal, formée d’une pierre en surplomb. Cette pierre est indépendante, engagée entre deux blocs du piédestal, et maintenue au mortier. Elle semble avoir été ajoutée
Le dé qui est à la base du fût est porteur de deux inscriptions :


O CRUX AVE SPES UNICA à l’avers
P. BOUChOTTE.AL.DURAND S.EPOUSE au revers.

La famille Bouchotte, parmi laquelle il y eut des vignerons et des laboureurs, fut bien représentée à Nantoux au cours des siècles passés.
Le fût comporte une niche vide portant les traces d’une grille de protection. Cette niche a dû abriter une statue, peut-être celle de la Vierge Marie.
Le chapiteau est décoré d’écailles et de lancettes. Il est surmonté d’un autre dé, plus petit que celui de la base, orné de quatre motifs circulaires. Le croisillon montre un ostensoir sculpté en relief, ainsi que le titulus INRI. Au revers, ce même croisillon présente en son centre un cœur
enflammé sculpté en bas-relief.



La croix a longtemps été installée au centre du village. D’anciennes cartes postales la montrent dans cette situation. Son déplacement vers son site actuel a provoqué des dissensions, comme le rapporte Andrée Bouchard.
Les informations suivantes sont tirées de son livre :

« L’eau et le Vin » - Andrée BOUCHARD – (pas d’éditeur)
Imprimerie FUCHEY – Arnay-le-Duc
Dépôt légal 3e trimestre 1983

La croix a provoqué beaucoup de débats dans le village. Depuis plusieurs siècles, elle se dressait au centre du village, au croisement des routes de Meloisey et Pommard / Mavilly. Son emplacement, à proximité de la mairie, donnait une impression de bonne entente entre religion et État, au-delà des divisions politiques.
Un jour de juin 1935, le tout nouveau maire, Vincent BOILLOT convoqua d’urgence son Conseil pour débattre et tenter de résoudre le « problème de la croix ». Il avait bien choisi le moment, en fin de journée, à 21 H, afin que les citoyens soient disponibles après les durs labeurs des vignes et des champs.

Une plainte avait été déposée par les conducteurs de bus de Meloisey. Située en plein carrefour, cette croix gênait en créant un rétrécissement de la chaussée. Il était difficile de croiser d’autres véhicules. Cette situation dangereuse pouvait provoquer un accident.

Monsieur BOILLOT avait demandé l’autorisation au sous-préfet pour déplacer la croix, d’environ six mètres, et la transporter du côté de la route contre le mur du « Juste » (prénom d’un habitant). Malheureusement, l’autorisation a été refusée, car la croix, « monument » religieux, ne doit pas être implantée sur un lieu public ! Et pourtant, elle s’y trouvait déjà ! Une tolérance était accordée, car elle était là depuis des temps très anciens.
Le maire refusait de détruire cette croix. Il proposa donc « au Juste » de mettre la croix tout près de la porte de son clos et dans son terrain privé. L’habitant refusa catégoriquement.

Alors un monsieur Jobard pris la parole et fit, avec esprit, une proposition. Il céderait une parcelle dans un de ses prés, celui près des « Bidaudes », pour élever la croix. Située à gauche côté Sud, elle serait la contrepartie de celle située à droite côté Nord.
Quel soulagement pour Mr BOILLOT ! Amusé de cette présentation, il accepta bien volontiers cette offre.
Le descellement de la croix faisait jubiler certain(e)s habitant(e)s aux principes anticléricaux.
Le nouvel emplacement a été inauguré par l’abbé CLERC. Avec lui, en grande procession et cantiques, les « bien-pensants » l’accompagnaient. Les autres habitants surveillaient la scène derrière leurs volets clos.

Ainsi se termina l’affaire de la croix.



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2 – Croix du Jardin du Curé

Longitude : 4° 45' 33,37" E

Altitude : 307,80 m
Taille : 3,10 m


Cette magnifique croix de procession, joliment sculptée, se trouve dans le jardin privé du gîte « le P’tit Pichot », appartenant depuis peu, à Nathalie et Denis CHARLES propriétaire du domaine de la Combotte.
Autrefois, depuis la rue du Pichot, entre des bosquets, un tout petit sentier rejoignait le cimetière et l’église. Pour faciliter l’accès aux voitures, un chemin plus large a été aménagé. Aujourd’hui, goudronné, il est appelé « ruelle du Motier ».
On peut aussi arriver à l’édifice par la route principale située en contrebas. Il n’existe pas de parking pour garer les véhicules. La montée des escaliers est un peu rude pour les personnes qui ont des difficultés à marcher.
Par commodité, les fidèles arrivant en voiture, empruntent le même chemin que leurs ancêtres plus et moins lointains et passent à côté de la croix « du jardin du curé ».
Malheureusement, il est difficile d’admirer et de s’approcher de la croix. Pour que les clients du gîte soient tranquilles, une canisse sert de clôture et cache le jardinet et son calvaire.
   

On peut cependant apercevoir la croix depuis la porte grillagée.
C’est une croix qui porte la date de 1779, dont le piédestal repose sur une large marche. Un officiant pouvait aisément se tenir sur cette marche, très développée à l’avers, du côté méridional.
Cette marche est passablement disloquée. En effet, les blocs de pierre de taille qui la constituent sont disjoints, ce qui peut nuire à la stabilité du monument. D’une manière générale, cette croix est en mauvais état (pierres fendues, altérées par le gel, envahies de mousse). Son ancienneté renforce son intérêt, car ce n’est pas une croix standardisée du XIXe siècle, et elle mériterait à plus forte raison d’être restaurée.
L’inscription sur la face méridionale du piédestal indique que la croix doit rester accessible bien qu’elle soit implantée sur un terrain privé :

DROIT DE PASSAGE
DE LA PROCESSION
LE ? XBRE 1779
ELEVE PAR LA FABRIQUE
Il est probable qu’aucune procession n’a honoré cette croix depuis fort longtemps. L’inscription est néanmoins intéressante car elle précise la date de construction ou de reconstruction de la croix, et aussi parce qu’elle nous apprend qu’elle a été établie par la fabrique, c’est-à-dire qu’elle a été décidée et payée par une institution qui agit au nom de l’ensemble des paroissiens. Cette croix n’est pas due comme souvent à une initiative individuelle, mais à une volonté collective.
Le piédestal rectangulaire est un peu bâti comme un autel. Il est pourvu d’une corniche débordante. Le fût y est implanté directement, sans qu’il soit soutenu par aucune base ou dé. Il se signale par une niche destinée à recevoir une statuette, comme la croix précédente. Les bords de la niche présentent encore les emplacements de barreaux horizontaux destinés à la protéger.

Cette niche est entourée par un encadrement rectangulaire couronné par un fronton semi-circulaire. Au-dessus, on trouve une croix en bas-relief. De même, sous la niche, on remarque trois forts chevrons en relief.
Le sommet du fût est renforcé par un cercle de fer, signe de la dégradation de la pierre, et du remède qu’on a apporté à cette situation.

Le croisillon, posé sur un petit dé, est constitué de branches cylindriques qui se terminent par des bourrelets. Il montre au revers une couronne circulaire, et à l’avers le titulus INRI.





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3 – Croix du cimetière

Latitude :  47° 02' 01,18" N
Longitude : 4° 45' 34,43" E

Altitude : 305,40 m
Taille : 3 m


Cette croix de bois est soutenue par une marche monolithique, supportant un piédestal composé de deux pierres de taille portant des inscriptions.
Un piètement en fer forgé, consolidé par des volutes, permet de maintenir le bois du croisillon.
Ce croisillon chanfreinné est pourvu aux extrémités de gorges et de pointes. Il porte un Christ en métal moulé, et le panonceau INRI également en métal moulé.

L’inscription sur le devant du piédestal est la suivante :
DON
FAIT PAR J-NAUDIN
ET P-DUPONT
SON ÉPOUSE.
L’ANNÉE 1873.

Sur le côté droit du piédestal :
RESTAURÉE EN 2002

Cette croix est donc assez récente. Comme le cimetière est ancien, et sa situation autour de l’église le prouve, on peut supposer qu’une autre croix a existé avant celle-ci.
Jean Naudin, né en 1819, est mort en 1897. Il s’est marié en 1851 avec Philiberte Claudine Dupont, née à Meloisey en 1830, décédée en 1913.




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4 – Croix de l’Orme

Latitude :  47° 02' 25,82" N
Longitude : 4° 44' 56,88" E

Altitude : 431 m
Taille : 3,40 m

C’est une croix de sommet.
Quatre pierres taillées suffisent à constituer cette croix, une pour le croisillon, une pour le fût et son chapiteau, et deux pour le piédestal. Il n’y a pas d’emmarchement.
Le robuste fût cylindrique est daté à mi-hauteur par l’inscription :
1674 R.
(La lettre R indique-t-elle l’initiale du donateur ?)

Le croisillon est orné en son centre d’une couronne circulaire qui rappelle celle qu’on voit sur la croix du Jardin du Curé, mais elle est à l’avers, alors que sur l’autre croix elle était au revers. Plus haut, se trouve l’inscription INRI.
Au revers, sur un carré central, on lit IHS, et au-dessous MA. Ce sont les deux monogrammes superposés du Christ et de la Vierge Marie.

Le piédestal, de faible hauteur, est formé de deux blocs accotés, maintenus par deux fortes agrafes de fer dont l’une au moins est encore en place. La connexion entre le fût et le piédestal n’est pas d’origine, car elle présente une étrangeté : un évidement au centre de l’assemblage des deux blocs permet de recevoir la base du fût, mais l’évidement est carré alors que le fût est cylindrique. Cela signifie qu’on a assemblé des morceaux de croix qui n’étaient pas faits pour être ensemble (à moins qu’un morceau intermédiaire du piédestal n’ait disparu). La base du fût est décorée d’une moulure qui n’est pas visible, car elle est engagée dans le piédestal. On ne peut l’apercevoir qu’en regardant à la verticale. C’est la preuve qu’il y a eu des bouleversements dans l’assemblage du monument.

Le nom de la croix indique qu’il y eut un orme dans les environs. On n’en voit plus trace, et s’il avait survécu cet arbre aurait été victime de la graphiose, maladie qui a malheureusement éliminé l’ensemble de la population des ormes.
Cependant, un document nous permet de dire que cet orme existait encore il y a 250 ans, à une distance de 50 pas de la croix.
En effet, le curé de Nantoux a répondu au questionnaire destiné à collecter des informations pour établir la carte de Cassini parue en 1759. Dans sa réponse, il parle à la fois de l’orme et de la croix. Il écrit :
« Il n’y a qu’un orme appelé Crusil sur la montagne de Crat à un petit quart de lieue de mon village au nord.
Il y a une croix de pierre sur la montagne de Crat à un petit quart de lieue de mon village au nord et qui est à cinquante pas dudit orme de Creusil, elle n’a point de nom. »

D’après ce texte, il semble que cet orme devait être un arbre remarquable, par sa situation sur la colline, et par son caractère isolé. La croix, d’abord sans désignation, a fini par s’appeler croix de l’Orme, nom qu’elle a gardé après la disparition de l’arbre.






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5 – Croix du Pont de la Combe

Longitude : 4° 45' 37,11" E

Altitude : 306,30 m
Taille : 2,95 m




Située près du jardin après le pont (en venant du village), elle fut volée et remplacée par une copie à l’époque où François PACQUELIN était maire.
D’autres personnes disent que la croix actuelle a été dressée en toute hâte pour remplacer une croix existante beaucoup plus jolie, renversée et cassée en plusieurs morceaux, par un véhicule ? Les fragments n’ont jamais été retrouvés !

Quoi qu’il en soit, le nom de cette croix vient évidemment du pont qui se trouve à proximité, sur le ruisseau de la Combe, à environ une dizaine de mètres.

Cette croix possède un piédestal réduit, très bas, octogonal, qui disparaît à la vue quand l’herbe est haute.
Sur ce piédestal est implanté le fût cylindrique, dont la base forme un dé et comporte une inscription :

J.GEORGET
ET.F.GEOR
GET.1827

Il s’agit sans doute de François Georget, né en 1781, qui a épousé en 1822 Jeanne Georget, née en 1783.
En 1827, date de construction ou de restauration de la croix, ils étaient âgés respectivement de 46 et 44 ans.
Dans toute la paroisse, ce serait la seule croix ou la femme est citée avant son mari. C’est peut-être parce qu’ils portent le même patronyme.
Tous deux sont morts en 1855, à 6 jours d’intervalle.

Le fût est altéré sur sa face ouest, alors qu’il est encore en bon état sur sa face est, probablement moins exposée aux intempéries. Le croisillon aux branches cylindriques ne présente aucune inscription ni sculpture. En meilleur état que le fût, avec ses arêtes très vives, il semble avoir été refait assez récemment, probablement en ciment.





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6 – Croix de la Chaume

Latitude :  47° 01' 45,08" N
Longitude : 4° 46' 03,37" E

Altitude : 366,50 m
Taille : environ 3,20 m

Située à proximité du sentier de randonnée reliant Nantoux à la chaume de Nantoux et la montagne de Riam, protégée par une petite clôture, cette croix se dresse au milieu du parc de la chaume. Géré par le conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne, celui-ci est naturellement entretenu par un troupeau de moutons.

Cette croix récente fait l’objet de toute une histoire ! Certains habitants du village se souviennent !
En 2002, Mme Berthe MENAUT a insisté pour faire remonter une croix à l’emplacement précis où se dressait un précédent calvaire. Les parents et enfants de la famille, les bonnes volontés du village ont voulu monter en un seul voyage les différentes parties en pierre de ce petit monument. La côte est bien raide ! la remorque s’est renversée et le piédestal s’est retrouvé à terre ! Les courageux qui avaient entrepris cet ouvrage maugréaient discrètement et se pensaient « quelle idée a la grand’mère » ! Ils n’étaient pas à la fin de leur peine !
Non sans difficulté, arrivés sur le plateau, il a fallu creuser ! Le sol était dur, très dur. Ils ont donc essayé de faire le trou à quelques mètres de l’endroit original. Pas question ! Mme MENAUT a fortement insisté pour que la croix soit à l’emplacement identique de celle qui existait auparavant !
Et c’est avec beaucoup d’effort et sans doute l’aide de Dieu que les volontaires ont réussi cette mission !

Pourquoi Mme MENAUT a-t-elle insisté et voulu que cette croix récente soit absolument sur le lieu où était l’ancienne ? Nous ne le saurons sans doute jamais ! Mme MENAUT est très âgée et malade. Ses enfants et petits-enfants n’ont hélas pas pu raviver ses souvenirs !

Cette croix s’inspire des calvaires anciens, mais avec des lignes modernes et simplifiées. Elle présente des surfaces laissées volontairement granuleuses, sauf sur une des faces du piédestal, là où se trouve l’inscription.
Elle est installée sur une vaste marche circulaire, faite de pierres irrégulières maçonnées au ciment.
Le piédestal en tronc de pyramide porte une citation de saint Luc, tirée de l’épisode fameux des pèlerins d’Emmaüs :

NOTRE CŒUR N’ETAIT-IL
PAS TOUT BRULANT
AU DEDANS DE NOUS
QUAND IL NOUS PARLAIT
EN CHEMIN …
LUC XXIV .31 .32

Est-ce un message à l’adresse des randonneurs, pour les inciter à écouter la voix de Dieu sur leur chemin ?

C’est sur le dé qu’est portée la date : 2002
Le fût et les branches du croisillon ont une section circulaire. Le chapiteau simplifié forme un manchon saillant.

Le croisillon ne comporte aucun signe distinctif, tel qu'un Christ, l’inscription INRI ou un décor sculpté, de sorte qu’on ne peut distinguer l’avers du revers.
Le plan du croisillon est désaxé par rapport au piédestal et au dé.





7 - Croix disparue : la Croix Caillet
  
Cette croix est mentionnée par le curé de Nantoux, toujours lors de l’enquête pour établir la carte de Cassini en 1759 : « Il y a une autre croix appelée la Croix Caillet sur le chemin de Pommard à Meloisey au midi qui fait la séparation du finage de Pommard d’avec celui de Nantoux».
Probablement, cette croix s’élevait au carrefour de la Grange au Vager. En effet, le moulin de la Grange au Vager a longtemps été tenu par des meuniers du nom de Caillet. Ce sont eux sans doute qui ont fait faire cette croix, qui semble avoir complètement disparu.


8 – Croix disparue : la Croix au Pape
Elle figure sur le plan de Meloisey établi pour les chanoines de Saint-Lazare d’Autun entre 1764 et 1769, qu’on peut consulter aux Archives départementales. Le plan montre un lieu-dit de Meloisey qui s’appelle « vers la Croix au Pape ». Ce lieu-dit est encore mentionné sur le cadastre napoléonien. Mais la croix elle-même, telle qu’elle est dessinée sur le plan, n’est pas à Meloisey mais est bien située sur le territoire de Nantoux.
D’après le plan, on peut estimer sa position :
Latitude :  47° 01ʹ 50,18ʺ N
Longitude : 4° 45ʹ 13,23ʺ E
Il semble ne plus en subsister aucune trace.
Un pape des siècles passés se serait-il aventuré en cet endroit ? C’est peu probable !




ANNEXE : le dépliant des croix de Nantoux










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