SANTENAY


1 - La croix Jessiaume
Orientation


Latitude :  46° 54ʹ 34,84ʺ N
Longitude : 4° 40ʹ 51,41ʺ E
Altitude : 250,5 m

Taille approximative : 5,60 m



Cette grande croix fait une forte impression, surtout quand on l’aperçoit en montant de Santenay à Dezize. Elle domine, dressée dans un enclos qui ressemble à une proue de navire, à l’embranchement de deux routes.
Le piédestal de pierre, massif, rehaussé par une marche, couronné par une forte corniche, est bâti sur plan carré. Il est pourvu d’inscriptions sur trois de ses faces.


Sur la face centrale, on apprend les circonstances de la construction du monument :
MISSION
1892
FAMILLE
JESSIAUME
Ainsi, la croix est destinée à rappeler le souvenir d’une mission qui s’est déroulée à Santenay en 1892, et tient son nom de la famille Jessiaume, négociants en vin de Santenay. Cette famille a sans doute contribué largement à l’édification du monument, et a peut-être fourni le terrain.
En réalité, cette croix n’est pas la première à se dresser là. Paul Charbon nous apprend qu’elle a été implantée à l’emplacement d’une autre croix qui existait sous l’Ancien Régime, appelée la croix Pernet, qui avait certainement une apparence beaucoup plus rustique. En effet, elle était en bois et plantée dans le trou central d’une grande pierre.

Les inscriptions des faces latérales sont de nature religieuse. Sur la face de gauche :
VENEZ A LUI
VOUS SEREZ
BÉNIS.
Sur la face de droite :
HEUREUX PASSANT
VOIS TON MAÎTRE
ICI PRÉSENT.

L’enclos est délimité par un mur de pierre surmonté d'une grille. Cette disposition permet de voir aisément l’ensemble de la croix depuis l’extérieur, y compris la base du piédestal. Comme l’enclos atteint 8 mètres de large, cela laisse assez de place pour que plusieurs officiants et servants s’y installent lors de cérémonies, en accédant à cet espace par la porte d’entrée située à l’avant. Ainsi, on imagine pour quelle type de liturgie cette croix a pu être aménagée.


Malgré le caractère imposant du piédestal, la croix a une certaine apparence de légèreté, car le fer forgé du croisillon est largement ajouré.

C’est un beau travail de ferronnerie. Les montants de soutien sont reliés par d’élégants entrelacs. Les branches se terminent par des fleurons ouvragés en forme de pointe. C’est par l’arrière qu’on admirera le mieux cette réalisation, sa géométrie, son originalité, le soin apporté à son assemblage.

Quatre puissantes volutes de fer assurent la stabilité de l’ensemble sur le piédestal.
Le Christ en métal moulé qui est fixé sur la croix est qualifié par Paul Charbon de « Christ janséniste » en raison de la position des bras qui s’approchent de la verticale.


Le titulus INRI est une autre pièce métallique moulée qui a été ajoutée sur la structure forgée.
L’ensemble du monument n’est pas en très bon état : la rouille attaque les parties métalliques, aussi bien le croisillon que la grille de l’enclos. Et les pierres disjointes du muret de l’enclos risquent de crouler.



2 - La croix Sorine

Latitude :  46° 54ʹ 56,24ʺ N
Longitude : 4° 42ʹ 01,20ʺ E
Altitude : 298,3 m

Taille : environ 4,50 m


Sous l’Ancien Régime, selon Paul Charbon, la croix Sorine se trouvait au milieu du carrefour de la rue des Buis et de la rue des Sables, à environ 200 mètres de la croix actuelle. C’était une croix de bois surmontée d’une sculpture représentant un coq. Sans doute avait-elle été mise en place par les soins de la famille Sorine qui était une famille influente de Santenay.
Cette croix a disparu, mais à l’occasion d’une mission qui eut lieu à Santenay en 1854, une nouvelle croix Sorine fut implantée au lieu-dit la Chaumenotte, où elle se dresse encore aujourd’hui. Elle se trouve sur un talus très pentu. Il faut être devant pour bien la voir, car elle est en partie dissimulée par un bouquet de thuyas.

Une carte postale nous montre son aspect ancien.
Carte postale ancienne, détail

On constate actuellement que le piédestal repose sur une seule marche. Or, à l’époque de la carte postale, il y en avait deux. Qu’est devenue la marche inférieure ? A-t-elle été enlevée ? Ou bien s’est-elle peu à peu trouvée enterrée dans le talus ?
Le piédestal, de plan carré et surmonté d’une corniche, est d’une grande simplicité. Le dé qui supporte le fût est la partie la plus travaillée du monument. On y voit la seule inscription qu’il comporte :
SOUVENIR
DE LA MISSION
1854
Ce dé est décoré selon les codes du style néogothique qui était alors très à la mode.

Le fût octogonal était surmonté d’un chapiteau, que l’on distingue bien sur la carte postale, mais qui a disparu. D'après Paul charbon, il était décoré de feuilles d’acanthe.
De même, le croisillon actuel paraît beaucoup plus petit : il a certainement été changé.

Cette croix paraît disproportionnée, avec son piédestal et son fût puissants qui supportent une croix trop petite. C’est certainement la conséquence de transformations subies à la suit d'aléas inconnus. Cependant, même altérée, cette croix a le mérite d’exister encore, ce qui est loin d’être le cas de toutes les croix anciennes de Santenay.





3 - La croix du cimetière
Orientation

Le cimetière entoure l’église Saint-Jean de Narosse.
Latitude :  46° 55ʹ 12,25ʺ N
Longitude : 4° 40ʹ 39,53ʺ E
Altitude : 327,1 m
Taille : environ 6 m. C’est probablement la croix la plus haute de la paroisse.


Cette croix a été classée monument historique par arrêté du 1er août 1902.

Le piédestal du XVe siècle, remarquablement ouvragé, repose sur une triple marche octogonale.

Il est lui aussi conçu sur un plan octogonal. Pour le réaliser, l’artiste a joué en virtuose du contraste entre deux pierres de nature différente. La partie inférieure, taillée dans un calcaire grenu de couleur jaune, qui ne se prête pas aux sculptures délicates, a incité l’artiste à réaliser de sobres surfaces planes ou concaves.
C’est là que se trouve un pupitre, sculpté sous la forme d’un plan incliné permettant de déposer un livre ouvert. C’est la seule croix de la paroisse qui en possède. Néanmoins, cette disposition peut se voir sur d’autres croix du diocèse, comme sur la croix du cimetière de Sainte-Colombe-en-Auxois, qui possède un pupitre sculpté dans le fût.
Cela signifie qu’au XVe siècle la liturgie associée à ces croix pouvait demander le concours d’un livre de prières. La relativement petite taille du support indique que c’était un livre individuel à l’usage de l’officiant. 
Ce pupitre est un peu désaxé par rapport à l’octogone du piédestal. Cela peut surprendre, mais il en était ainsi dès l’origine, puisque tout est taillé dans la même pierre.

Contrairement à la base, la partie supérieure du piédestal est très ouvragée. Elle est réalisée en calcaire blanc beaucoup plus fin, autorisant les sculptures les plus délicates. Parmi toutes les croix de la paroisse, c’est celle-ci qui possède le piédestal le plus finement ciselé.
La structure octogonale est habillée par un arrangement complexe de colonnettes et de gables superposés. Ce foisonnement de formes correspond au goût de l’époque du gothique flamboyant, encore fallait-il trouver un artiste suffisamment habile pour l’exécuter.


Le piédestal n’est pas couronné par un entablement simple, mais par trois groupes de plateaux octogonaux superposés dont les pointes décalées s’orientent dans de multiples directions. On observe deux séparations horizontales : la première est réalisée par une frise de pampres chargés de raisins. Les tiges sont tressées pour former une sorte de couronne, un peu semblable à la couronne d’épines. La vigne est un symbole religieux très fort, mais elle est aussi la source d’une activité agricole essentielle pour la région. D'autres raisins sculptés figurent sur quelques monuments de la paroisse, comme sur le portail de l'église de Volnay. 
Un peu plus haut, une deuxième séparation est faite par quatre écus lisses répartis sur le pourtour, ce qui n’est pas sans rappeler ce que l’on voit sur d’autres piédestaux de croix de la même époque, par exemple à Mavilly ou à Nantoux, mais ici le langage décoratif est beaucoup plus élaboré.

Le fût octogonal s’élance d’un jet jusqu’au croisillon. Le croisillon d’origine passe pour avoir disparu pendant la Révolution. Il aurait été récupéré, et serait celui que l’on voit actuellement sur la croix de Créteuil, hameau de Chaudenay, à une dizaine de km. Cette superbe croix montre le Christ sculpté sur une face, et la Vierge sur l’autre face. En revanche, le croisillon actuel de Santenay est d’un style très dépouillé qui n’est pas en accord avec la profusion ornementale du piédestal. Dépourvu de l’image du Christ, il porte seulement le titulus INRI.
Croix de Chaudenay

Le chapiteau du fût et le croisillon sont en excellent état et paraissent bien plus récents que le fût lui-même, et à plus forte raison que le piédestal.
La croix du cimetière de Santenay a été entièrement restaurée en 2017, pour un coût de 30 000 euros.





4 - Le calvaire du Mont de Sène

Coordonnées de la croix centrale :
Orientation
Latitude :  46° 55ʹ 11,13ʺ N
Longitude : 4° 40ʹ 10,10ʺ E
Altitude : 521,4 m

Taille : 5,30 m environ pour la croix centrale
4,70 m pour les deux croix latérales.


Au sommet de mont de Sène, les trois croix du calvaire sont implantées sur la ligne de frontière qui sépare les communes de Santenay et de Dezize-les-Maranges, c’est-à-dire sur la ligne qui sépare la Côte d’Or de la Saône-et-Loire.
Ces croix rappellent celles du Christ et des deux larrons sur la colline du Golgotha. On ne trouve cette triple disposition nulle part ailleurs sur le territoire de la paroisse.
Elles caractérisent tellement ce site remarquable qu’on s’est accoutumé à parler de « la Montagne des Trois Croix ». Pourtant, elles sont relativement récentes, alors que l’endroit a été fréquenté depuis des temps immémoriaux.
En effet, les fouilles conduites au XIXe siècle, notamment par Henri de Longuy, ont mis en évidence le très riche passé lointain de ce site. On a trouvé des vestiges qui indiquent une occupation datant des temps néolithiques, de l’âge du bronze, des époques celtiques et romaines. En particulier, deux temples s’élevaient sur le mont à l’époque romaine, dont un temple dédié au dieu Mercure.

L’histoire du calvaire est relatée par Paul Charbon :
En 1707, à la suite d’un vœu, Pierre Millard, « marchand cordouanier » de Santenay fait construire les trois croix. C’est ainsi qu’a été érigé le premier des quatre calvaires qui vont se succéder à cet endroit. Mais ces premières croix ne durent pas même un siècle, car elles sont détruites à la Révolution.
Elles sont une première fois reconstruites en 1803, sans doute trop hâtivement, car il fallut déjà les refaire vingt ans plus tard en 1823. Elles n’avaient pas supporté les intempéries, il est vrai redoutables sur ce sommet. Cette fois, probablement plus solidement construites, elles durèrent plus d’un siècle. D’anciennes cartes postales nous les montrent, peu à peu dégradées, penchées, mutilées, minées par les intempéries et sans doute par les fouilles archéologiques conduites à leur pied.

Carte postale ancienne du mont de Sène

En très mauvais état, elles finissent par être arasées en 1938, tout au moins les derniers vestiges qui subsistaient encore.
Après la guerre, on décide de les refaire une quatrième fois, et cette fois on choisit le béton armé. Il faut espérer que ce matériau permettra de les pérenniser.


Elles sont donc alignées au sommet de la crête, à une vingtaine de mètres l’une de l’autre. La croix centrale est un peu plus grande, mais toutes sont bâties sur le même modèle. Elles sont composées d’un énorme piédestal cubique qui repose sur une marche.
Il n’y a pas de dé, pas de fût, pas de chapiteau, ni d’image du Christ. On ne voit pas même le titulus INRI. On ne saurait faire plus simple. Un immense croisillon de béton armé s’élève sur le piédestal.

Bien sûr, ainsi constituées, ces croix sont moins élégantes que beaucoup de croix de la paroisse. La teinte grise du béton, les graffiti qui couvrent les piédestaux, ne contribuent pas à les rendre attrayantes.
Mais ce n’est pas de près qu’il faut les admirer, car leur intérêt vient de la splendeur du site où elles sont implantées. On peut penser qu’elles ont été conçues surtout pour produire un effet spectaculaire quand on les voit depuis le pied de la colline.

En raison de leurs dimensions imposantes et de leur situation en hauteur sur un relief visible de partout, on peut les apercevoir depuis de vastes contrées. D'en bas, leur contemplation est bien faite pour inciter à la prière. Ainsi, elles étendent leur influence bienfaisante sur une nombreuse population.





5 - La croix de la rue de la gare
Orientation

C’est un croisillon, vestige d’une croix de carrefour, inséré dans une façade au 4 rue de la Gare
Latitude :  46° 54ʹ 40,85ʺ N
Longitude : 4° 42ʹ 02,12ʺ E
Altitude : 221,7 m
Taille de la partie restante : 0,9 m

Les branches de ce croisillon ont une section cylindrique.
On pourrait être en présence d’un vestige de la croix Brenot qui se dressait au carrefour voisin, à l’intersection de la rue du Rognier et de la route de Chassagne, à une vingtaine de mètres de la maison.
Cette croix a été détruite, sans doute pendant la Révolution, et le croisillon aurait été conservé dans cette façade.

En effet, pour une personne pieuse, il pouvait être important de mettre à l’honneur un tel monument qui avait longtemps été vénéré par la population. C'était aussi un moyen pour le propriétaire de la maison d’affirmer devant tous ses convictions religieuses, à une époque où la foi catholique venait de subir de redoutables attaques.



6 - Les croix disparues

En plus des croix existantes, Paul Charbon a dénombré huit croix disparues, qui étaient encore debout sous l’Ancien Régime et que l’on trouve sur les anciens plans :
  • La croix de Saint-Abdon, qui indiquait la limite occidentale de la paroisse
  • La croix de la Crée, à l’intersection de la rue Gaudin et de la rue de la Crée. Après s'être écroulée au temps du Second Empire, cette croix a été rétablie à un autre endroit, sur la limite d’une vigne appartenant à Anne Marinot, le long de la rue des Grands Murs. Puis elle a disparu.
  • La croix du Clos Saint-Jean, face à la vigne du Clos Saint-Jean, au milieu du chemin qui mène à l’église. C’était une croix de bois sur un piédestal en pierre. Reléguée contre un mur, elle aussi finit par disparaître.
  • La croix du Moulin-Saule, au croisement de la rue du Moulin-Saule et du chemin du Champ Parmois.
  • Une autre croix dite du Moulin-Saule, bien qu’étant éloignée du moulin, se situait à l’intersection de la route de Dezize et du chemin du Potet.
  • Une croix de carrefour, à l’autre bout du chemin du Potet, au croisement avec la rue des Sources. Elle a peut-être été détruite lors de l’établissement de la ligne de chemin de fer.
  • La croix de la Tope-château, à l’intersection de la ruelle Jeandrot et de la rue du Rognier.
  • La croix Sauvageot, croix de carrefour sur la route de Chassagne, plantée au début du XVIIIe siècle par Philippe Sauvageot et Philiberte Muzard.


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